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Actualité, Découvertes d'Ici et D'ailleurs

Archives mensuelles de “janvier, 2012”

L’affaire de l’esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui

Au  hasard  d’ enchères à Drouot,  en 2005,Mohammed Aîssaoui , journaliste et écrivain fait une étonnante  découverte   et  une improbable   rencontre.

Une découverte des archives de « l‘Affaire de l’esclave Furcy’ »  mises en vente et une rencontre profonde avec ce protagoniste atypique à son siècle,l’esclave Furcy. Ces archives relatent l’histoire extraordinaire  et réelle  d ‘un esclave du nom de Furcy qui livre une inestimable bataille judiciare afin d’ester en justice son affranchissement sur l’île Bourbon ( île de la Réunion) .

Ce livre est le résultat de recherches réalisées par la lecture d’écrits trouvés péniblement , la reconstitution complète du voyage que cet homme a effectué pour clamer sa liberté par l’auteur.

Ce premier essai  est un coup de maître, il a reçu  le prix Renaudot et le prix RFO du livre.

Nous avons rencontré son auteur :

1)Pensez vous que votre rencontre à Drouot avec Furcy est le fruit du hasard?


Je ne sais pas. Ce qui est sûr c’est qu’il y a une part de hasard parce que j’ai vu la dépêche sur l’AFP (Agence France Presse) au milieu de milliers d’autres. Pourquoi cette info (« vente aux enchères d’archives d’un esclave assignant son maître en justice ») m’a-t-elle fasciné tout de suite? Peut-être que cela remonte à loin, par exemple au sujet philo de mon bac passé il y a plus de vingt ans: « La loi est-elle juste? », sujet qui a toujours résonné en moi. Ensuite, à la fac, je me suis intéressé à la constitution sud-africaine, c’est-à-dire à l’Apartheid qui rendait illégal tout acte qui visait à lutter contre le racisme. En fait, j’ai cru que ces archives concernant Furcy allaient intéresser beaucoup de monde: on était peu nombreux à Drouot, d’où ma volonté de sortir cette histoire du silence.

2) Connaissez vous d’autres cas d’esclaves qui ont cru en la justice et ont voulu plaider leur statut?


En fouillant dans l’histoire de Furcy, j’ai découvert que beaucoup d’autres esclaves ont tenté de briser leurs chaînes en croyant à la justice. Mais aucun n’a pu même se rendre au sein d’un tribunal, car un esclave est considéré comme un meuble (c’était la loi) et il n’a donc pas le droit d’aller en justice, sinon par l’intermédiaire de son maître, or, c’était le plus souvent pour dénoncer… les maltraitances de son maître. Le cas de Furcy est unique dans les annales de l’histoire, car il a pu aller au tribunal d’instance, à la cour d’appel jusqu’à la cour de cassation (Cour royale de Paris, en 1843) et que j’ai pu retrouver les pièces de ce procès et la magistrale plaidoirie de ses avocats.

3) Il n’est pas chose aisée de reconstruire le parcours de Furcy, comment avez vous procédé?


Non, c’est vrai, surtout que les éléments étaient éparpillés un peu partout: Paris, Ile de la Réunion, Ile Maurice, Aix-en-Provence, Inde, archives maritimes, archives locales… Mais en même temps, c’était fascinant de tenter de comprendre une période complexe de l’histoire. Quand on observe les choses à hauteur d’homme, tout est beaucoup plus nuancé, plus fort et plus émouvant. Il m’a semblé aussi qu’il était nécessaire de dire aux lecteurs mes difficultés à retrouver la moindre petite information sur un homme qui a fait un procès ayant duré plus d’un quart de siècle (par exemple, deux ans pour retrouver sa date de naissance!); il fallait illustrer le fait que l’histoire de l’esclavage est une histoire sans archives, sans traces, sans empreintes, sans nom, toujours à cause du fait que ces hommes et ces femmes étaient considérés comme des meubles. Enfin, je pense qu’il a également fallu combler les zones d’ombres (parfois des années sans savoir où se trouvait Furcy) en effectuant des recherches, en lisant des récits de voyages ou des carnets de négriers.

4 ) A ce jour, continuez vous d’investiguer sur vos recherches, avez vous trouvé de nouveaux éléments?


Il s’est passé quelque chose que je n’avais pas du tout anticipé: la publication du livre a provoqué un afflux de nouvelles informations. Des descendants de la plupart des personnes citées ont pris contact avec moi! C’est fou, je ne pouvais pas l’imaginer un instant. Du coup, j’ai appris des choses (Furcy est devenu un nom de famille et aurait pris le prénom Jules), j’ai noué des contacts avec le descendant du procureur général du roi (Gilbert Boucher) qui m’a montré un portrait de son aïeul. J’ai aussi, à travers Furcy, raconté une histoire que ses descendants ignoraient… Enfin, Furcy devrait bientôt avoir un quartier à son nom à Saint-Denis de la Réunion grâce à ce livre. J’en suis très heureux: il est sorti du silence!

5) Il s’agit de votre premier essai , un prochain livre est il en cours?


Oui, j’essaie de reconstituer à nouveau une histoire un peu méconnue. Promis, je vous tiendrai au courant dès que j’aurai fini.

Le Temps du Carnaval

Janvier Février Mars ne sont pas  trois mois de fête dédiés à la trinité dans la tradition de nombreuses contrées.

Le Carnaval débute dans le monde (Antilles, Europe, Amérique du Nord et Sud). Le carnaval a ses caractéristiques socio- culturelles selon le lieu où il se déroulle.

Ainsi, celui  de Venise n’est pas comparable à celui de Salvador de Bahia. Il est pertinent de découvrir les carnavals de chaque pays et leurs régions.

Cette période précède dans le calendrier, le carême pour les chrétiens. Elle marque la fête de la « carne » ,  la fête de la chair (viande, aliments gras ) avant la période du jeûne et de l’abstinence. Les festivités s’achèvent avec l’immolation de « Vaval », le dieu du Carnaval au mercredi des cendres

Nous avons tous fredonnées la chanson de la Compagnie Créole: « Au bal masqué ! Oé Oé..Aujourd’hui tout est permis ».

Effectivement ,les populations s’exaltent  dans les rues en parade à travers des déguisements qui laissent la part belle au surnaturel (masques démoniaques, sorcières, diables rouges..). Ces apparats visent à conjurer le mauvais sort, on les dit apotropaïques.

L’autre permission du carnaval est le travestissement. Avez vous eu le plaisir messieurs de vous déhanchez sur du pike jouk en Guyane avec une Toulou lors de bals nocturnes? Mais quelle charmante demoiselle se cache derrière son loup? Très souvent un homme! ( les anecdotes sont cocaces pour certains..).

Les hommes profitent pour se travestir à l’extrême pour rivaliser avec les femmes les plus séduisantes (talons hauts, bas , jupe, perruque et maquillage..).

Quelques films comme Orfeu Negro de Marcel Camus ont immortalisé  à jamais l ‘image du carnaval.

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