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Archives mensuelles de “mars, 2012”

APMOM : L’industrie du disque ultra marin face à la crise

Ce Lundi 5 mars, ce sont tenues les Premières Assises des ¨Professionnels des Musiques d’Outre-Mer à l’initiative de la Délégation Interministerielle de l’Egalité des Chances des Français d’Outre Mer.

Dans on allocution d’ouverture, le délégué intermistériel, Claudy Siar parle de situation d’urgence.

Des tables rondes s’organisent , des échanges nombreux entre les intervenants, professionnels de la musique :Mario Canonge (musicien), André Cayot (conseiller au ministère de la culture), Paulo Lape (délégué des Iles de Wallis et Futuna), Gilles Camouilly (directeur des programmes de France O), Thierry Cham (chanteur), …

Le comité de pilotage de ces assises suivi par Florence Cassange a tenté au cours de cette journée de mettre en exergue les principales problématiques rencontrées par le secteur. En effet, face au piratage l’industrie du disque en général est en crise, les profesionnels de musique ultra marine ne sont donc pas en reste.Cependant, il se pose d’autres préoccupations liées à la spécificité de cette musique. Les assises ont essayé de mettre en relief les remarques des uns et des autres en axant sur trois thématiques, tout d’abord en dressant état des lieux : un panorama de l’industrie de musicale des musiques d’Outre Mer,la visibilité de ces artistes, la gestion des droits d’auteurs,subventions.

Les « fausses notes  » ou bémol qui entravent ces musiques sont  identifiés, elles ressortent au cours de ces discussions :

  • La grande distribution pourrait davantage mettre dans ses rayons ces artistes
  • la logistique est parfois un frein à la promotion : les coûts de transports (avion+hôtel) dépassent parfois le cachet de l’artiste pour sa prestation de spectacle vivant
  • L’inflation de media communautaires ( Be Black, tropiques FM, Trace Tropical..) qui s’isolent ou isoler  face au média  nationaux qui mènent la danse!
  • Certains artistes font l’économie de démarches administratives (SACEM , contrats juridiques) à leur plus grand détriment

La situation est urgente mais elle n’est pas alarmante. Des artistes comme Krys et son poulain, le Colonel Reyel ont grâce au buzz internet vendus des millions de titres en 2011, d’autres  comme Admiral T ou le groupe Kassav remplissent les grandes salles parisiennes et le Stade de France.

Comme le soulignait un intervenant « Certains artistes alsaciens ou corses auraient aimé avoir autant de notoriété! »

Des artistes tel Tony Chasseur mettent en place des projets musicaux participatifs; les « fans  » peuvent contribuer financièrement à la production de l’oeuvre de leur artiste en échange du CD.

Le vrai défi pour les musiques ultra marines est  sa marche vers le numérique, la reconnaissance et l’utilisation d’autres canaux médiatiques. En outre dans ce contexte de mondialisation des genres musicaux, ces artistes doivent ne pas céder à l’uniformisation et conserver cette force, la spécificité ultramarine qui ne les projettera pas dans le marché de la concurrence des genres soumise, elle, à la loi parfois fatale de l’offre et la demande.

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