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Archives mensuelles de “avril, 2012”

Aimin la vie : Rencontre avec un amoureux de la vie, Francisco

Qui n’ a pas entendu parler de Francisco ? De  Martinique à toute la Caraîbe, cet artiste qui osa jouer du tambour à la savane et le remettre au goût du jour, » ce truc de vieux nègre » comme ils disent à l’époque.

Qui n’a pas entendu parler de cet homme qui a implanté les arts martiaux dans  la Caraïbe?

Quelle femme n’a pas frémi en  le regardant, vêtements et chaussures blanches faisant raisonner sa voix de crooner et jouant au piano de bars branchés « Fanm Matinik dou »! Roulant un jour,  en belle voiture et un autre,  en bwa djak.

J’avais fait 4 fois le tour de la Martinique en 4 jours, je ne pouvais pas repartir sans rencontrer une telle personnalité, d’autant que celle-ci se situe à quelques pâtés  de ma tanière! Quelques jours avant ma venue, on venait de le  célébrer en grandes pompes à l’Atrium, il avait trouver la force  et la foi nécessaire de s’y rendre. Défiant sa maladie respiratoire qui l’immobilise dans un lit médicalisé depuis 16 ans!

Francisco a aimer la vie, peut être trop? Ce n’est pas à personne  de juger.

A 79 ans, il continue d’aimer la vie même si on le sait, elle n’est pas toujours rose.

Il se livre  dans cette ouvrage « Aimin la vie » ,qu’il dicte à une amie de sa voix altérée, il relate son parcours singulier de musicien émérite, de judoka  de haut niveau , d’acteur des rue « Cases Nègres » et de « Calypso »…, son envie insatiable d’aimer les femmes du monde, ses conquêtes et défaites.

Un livre émouvant qui se lit en écoutant ses compositions, chantées avec émotions. Cet ouvrage  est vibrant,   vivant de générosité !

Son livre se veut aussi un message d’espoir pour ces jeunes qui se cherchent un but, le sport appelle à la discipline, à l’élévation de soi.

Roger de Jaham, portrait d’un martiniquais

Roger de Jaham, co-président de l’association « Tous Créoles! » est à l’image du self made man d’Outre Atlantique.

Issu d’une  famille foyalaise de 5 enfants dite communément « béké ».  Sa famille  descend d’un engagé pour 36 mois  arrivé à fond de cale en 1635 .

A l’âge de sa majorité, son père, entrepreneur fait faillite d’un petit commerce !

Comme, il le dit avec ses propres mots « la famille a dû tirer le diable par la queue« , cet évènement constitue un cathalyseur dans leur vie, « un grand malheur et un grand bonheur que la faillite de ce père » , les enfants sont contraints de remédier à la situation familiale par l’entrée précipitée dans la vie active. Dès lors, Roger de Jaham ne poursuit pas ses études, il décide de puiser alors dans ses ressources immatérielles : son talent de dessinateur .

Il effectue quelques missions  pour le journal « France Antilles » dans la publicité mais, très vite , il comprend que ce don peut être mis au service de la publicité ou » réclames » comme on disait à l’époque. A force de démarchage pour son bureau, il  crée une entreprise de publicité dans chaque DOM (Martinique puis Guadeloupe, Guyane et la Réunion).

Sa Success Story prend fin en 2009, 3 mois de fermeture de ses entreprises qui lui sont fatales financièrement et pèsent sur son moral, il est contraint de licencier des salariés fidèles depuis  près de 30 ans,  à l’aube de l’âge de  la retraite, il décide de passer la main  et propose à ses cadres de racheter l’entreprise pour 1 euro!

Quelques années auparavant,en mars 1998, divers colloques sont mis en place pour commémorer l’abolition de  l ‘esclavage. A cette grande page d’histoire Roger de Jaham déplore que tous le monde ne puisse prendre part aux échanges sur la question ; il prend la parole sur ATV  pour proclamer  également que l’esclavage est crime contre l ‘humanité. sa déclaration se matérialise en avril avec la signature d’un texte par ses amis à l’image de la diversité antillaise, eux aussi.

Son souhait est que la loi s’étende aussi à la souffrance de ceux qui sont victimes de l’esclavage moderne.

Afin d’enrayer les fantasmes qui entourent ce groupe de population , le 21 mai 2006 avec le préfet de lépoque , LETCHIMY, TAUBIRA ont répondu à son cri! C’etait la reconnaissance de l’inscription du Béké comme un martiniquais. Afin de perenniser cette dynamique après  un vote les participants  composés de coolies,mûlatres chinois, noirs ont opté d’une même voix pour faire naître une association qui répond au nom de  « TOUS CREOLES! »

L’un des  grand chantiers de l’association « Tous Créoles!’: la redéfinition du mot créole par le dictionnaire afin que  le créole ne soit pas uniquement un blanc mais un concept large qui regroupe tous ceux et celles dont les aïeux ont une histoire liée à l’esclavage.

Son association se voulant  convivial, elle organise des sorties en Yole, des instants de partage autour d’un déjeuner,  la présentation d’ouvrage…

Souffrant d’un racisme anti-blancs, il déplore le manque de courage de certains politiques pour dénoncer ce qui reste du racisme  par essence envers une population !Il proteste aussi lorsque certains veulent le ranger dans une nouvelle caste : « le Béké Atypique »!

Ce combat lui tenant à coeur, il n’ hésite pas à se justifier quitte à mettre  en avant sa vie privée.

« Je ne passe pas tous mes week-end avec des békés! » dit il,Il prend son temps pour démontrer que son quotidien n’est pas à l’image de l’imaginaire de certains, à travers l’exposition de ses moments intimes immortalisés sur des photos  (famille, amis aux couleurs du « melting pot « des Antilles ) animé par un souci  réel de démonter des préjugés qui perdurent…

Pour en savoir davantage sur les engagés de 36 mois :

http://www.touscreoles.fr/wp-content/uploads/2011/08/Textes-sur-les-engag%C3%A9s-ou-36-mois.pdf).

Portrait d’une femme engagée : Françoise Rose-Rosette

Françoise Rose-Rosette a rencontré des personnages illustres, des personnalités issues du monde entier; hommes d’état,têtes couronnées, écrivains… Ils  sont venus au domaine de la Pagerie, lieu d’enfance de Joséphine de Beauharnais.

Ses parents se sont investis dans la reconstruction du domaine, ils se sont sacrifiés pour redonner ses lettres de noblesse à ce lieu, autrefois abandonné.

De cette enfance  féerique, à « gambader » sur les terres de l’Impératrice des Français, Françoise Rose-Rosette en tire une grande humilité, un charme et une sympathie naturelle.

Dans la lignée de son père  elle exerce le métier de vétérinaire, elle se dit « tombée dans la marmite à la naissance »,  elle se consacre aussi à des programmes sanitaires dans le secteur parapublique tel que la gestion d’animaux errants   (chiens, chats), elle participe à des colloques sur la relation : Homme-Animal, elle travaille à une de prise de conscience collective   à savoir que l‘animal est un être vivant qui mérite considération.

Son parcours politique s’inscrit naturellement  dans une quête éventuelle d’avancées décisionnelles dans son monde professionnel  pour le bien être de ses concitoyens ;

une experience enrichissante qui lui a aussi permis de mieux comprendre les grands rouages du fonctionnement du pays.

L’un de ses souhaits est que chaque martiniquais prenne conscience « qu ‘il a des leviers pour que son territoire soit agréable »,  elle souhaite un ancrâge dans le territoire du martiniquais qui permettrait de donner un élan supplémentaire à l’île.

Sur la question du chômage, elle suggère que les jeunes qui le souhaitent soient entrainés dans un volet dynamique, elle s’implique activement dans l’association Carisco dont l’objectif est de donner cet élan d’énergie aux jeunes. Une association qui proposera pour sa 8ème édition un thème autour de l’amerindianité pour cette fin d ‘année, en Martinique.

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